Guillaume Musso - Et après...

A huit ans, Nathan est entré dans le tunnel lumineux de la "mort imminente". Plongeant dans un lac pour aider une fillette, l'enfant s'est noyé. Arrêt cardiaque, mort clinique. Et puis, contre toute attente, de nouveau, la vie.

Vingt ans plus tard, Nathan est devenu l'un des plus brillants avocats de New York. Il a tout oublié de cet épisode traumatisant. Il a même fini par épouser la "petite fille du lac", Mallory, sa femme qu'il a passionnément aimée, puis qui l'a quitté, et qui lui manque comme au premier jour...

Mais Nathan ignore que ceux qui reviennent de l'autre côté ne sont plus tout à fait les mêmes. Aujourd'hui, il connaît la réussite, la notoriété et la prospérité. Il est temps pour lui de découvrir pourquoi il est revenu.

 

Mon avis:

 

Deuxième roman de Guillaume Musso, le deuxième d’une série qui ne cessera de s’améliorer. Il ne tarde pas à nous plonger dans l’histoire puisque rapidement, Nathan rencontre Garrett Goodrich, un médecin réputé. Si au début il est déstabilisé par cet homme, Nathan l’est encore plus quand il apprend que Garrett est un Messager : il est là pour aider ceux qui vont mourir à partir sereinement. Dans un premier temps, Nathan est dans le déni. Il n’y croit pas, et pour cause ! Seulement, il ne peut s’empêcher de voir le médecin, et un jour, il accepte son histoire. Et comprend que Garrett est là pour lui ; pour lui permettre de passer plus de temps avec sa fille, de se réconcilier avec sa femme, de mettre ses affaires à jour. Anéanti, Nathan va toutefois tout faire pour que ces derniers jours sur Terre se passent le mieux du monde. Entre Garrett et lui, se noue une certaine amitié ; Nathan apprend ainsi de quelle façon est morte la première femme de Garrett, mais découvre aussi qu’il est le médecin qui l’a soigné lorsqu’à 8 ans, il s’est noyé. Seulement, Nathan a tort… Garrett n’est pas là pour lui, il n’est pas là pour l’accompagner au cours de ses derniers jours ; non, Garrett est là pour lui "enseigner" sa nouvelle mission, à savoir qu’il devient Messager à son tour. Tout ça parce qu’il est revenu… Et malheureusement, pour devenir Messager - et il n’a pas le choix - Nathan doit voir mourir la personne qui lui est la plus chère…

 

Je me souviens parfaitement du jour où j’ai acheté ce roman : en faisant mes courses ! Ni une ni deux, en lisant le résumé de celui-ci, j’ai mis Sauve-moi dans mon caddie, et ce, sans avoir lu le moindre roman de Musso. Peu importe, ce premier roman semblait prometteur.

 

Et après… nous plonge dans une histoire qui flirt entre le réel et l’irréel. Oui, parce que nous savons que les Messagers n’existent pas ! Et pourtant… ce serait parfois plus facile, non ? Toujours est-il que nous sommes tentés de croire en leur existence, si bien que l’histoire de Nathan nous semble plausible. Guillaume Musso nous raconte l’histoire de cet homme, un peu trop sûr de lui, mais surtout fier, qui voit son monde s’écrouler en quelques secondes. Du moins, quand il pense que sa vie va bientôt prendre fin. Alors, quand il réalise ce qu’il en est vraiment, je n’ose imaginer ce qu’il ressent.

 

Malgré ce tempérament orgueilleux, on s’attache à Nathan. Tout d’abord, parce qu’il semble bel homme ! Ensuite, parce que malgré un état d’esprit particulièrement insupportable (par moment), on adore la façon qu’il a de continuer à aimer sa femme. Il l’aime, c’en est certain, seulement, ils se sont déchirés suite à un malheur. Il y a aussi sa fille pour laquelle, on le sait, il ferait n’importe quoi. Bref, on comprend de suite que ce caractère dur n’est qu’une carapace qu’il s’est forgé au fil des années : un gamin sorti de la pauvreté qui se bat pour réussir, quoi de plus normal ? En soi, c’est même un comportement des plus naturels que nous lisons.

 

De Musso, on aime son histoire : une sorte de rédemption. Nathan s’était "perdu", sans sa femme, il n’est plus rien ; il ne lui restait que son travail, mais celui-ci ne suffit pas à son bonheur. Grâce à Garrett, il a une chance de reconquérir celle qu’il aime. Il y a aussi cette histoire de mort imminente : à 8 ans, Nathan a vu la lumière, celle qui l’appelait au Ciel, mais pour une raison qui reste un mystère jusqu’à la dernière page, il reviendra. Et c’est parce qu’il est revenu qu’il rencontre Garrett.

 

On aime aussi son univers : pour avoir lu les romans suivants (que je vais bientôt relire !), je peux dire que Guillaume Musso nous entraîne à chaque fois, dans un monde qui joue subtilement avec la notion de temps, les bonnes ou les mauvaises actions, mais aussi le destin de chacun. Des thèmes qui se révèlent toutefois uniques dans chacun de ses romans tant ils sont abordés différemment. S’il excelle pour décrire les sentiments (on s’attache à tous ses personnages qui semblent fragiles ou déterminés), il excelle tout autant - voire davantage - pour pimenter ses romans avec un suspense des plus maîtrisés. Nous ne sommes pas dans un James Patterson ou un Dan Brown, mais le suspense est tout aussi présent. Le suspense, seulement le suspense, sans bain de sang.

 

Il écrit de courts chapitres qui commencent toujours par une petite phrase symbolisant le chapitre en question : un proverbe, un dialogue, ... Des intrigues parfaitement menées, des rebondissements et des chutes qui surprennent toujours le lecteur. Normal, dans la mesure où le surnaturel fait toujours sa petite apparition ! Mais comme je le disais précédemment, un surnaturel auquel nous serions tentés de croire… Peut-être parce qu’il nous rassure ?

 

Les romans de Musso ne se suivent pas, et pourtant, il faut les lire dans l’ordre. Pourquoi ? Deux raisons à cela : l’écriture évolue (de façon positive !) et certains personnages refont une apparition. Mais, l’évolution de l’écriture est le critère dominant. Au fur et à mesure des années, Musso s’améliore - si je puis dire - mais surtout, évolue vers un univers plus "sombre". Pas noir, mais plus corsé !

 

Pour finir, je rajouterais que l’on a souvent comparé Guillaume Musso et Marc Lévy. Je me souviens que lorsque je travaillais en librairie, les clients m’ont souvent fait cette remarque, à savoir qu’ils sont pareils. Erreur ! Je l’avoue, j’ai lu Marc Lévy. Et à dire vrai, ses cinq premiers romans m’ont plu. Seulement, je trouve que les suivants ont dérivés vers un univers qui ne me plaisait plus. Pourquoi? Je ne peux le dire ; Lévy, qui semblait bien parti au début de sa carrière, s’est un peu égaré et du coup, je l’ai lâché. Je rajoute que son dernier roman Si c’était à refaire (sorti en mars 2012), ressemble beaucoup, selon moi, au roman de Musso, Je reviens te chercher (sorti en 2008). C’est vrai, l’histoire est sensiblement la même : un homme meurt et revient à la vie - 24 heures ou deux mois plus tôt - pour tenter de savoir ce qui s’est passé, et surtout pourquoi ? Non, en toute franchise, je pense que Lévy s’est fortement inspiré de Musso. Ce qui confirme mon idée, à savoir qu’il s’est égaré.

 

En tout cas, lisez Et après… Ce sera sans regret !!!

 

Note: 15/20

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