Baptiste Beaulieu - La ballade de l'enfant-gris

Jo', étudiant en médecine de 24 ans, se rend ce dimanche dans la chambre de Noah, un petit garçon de 7 ans qui se demande pourquoi sa mère ne vient jamais le voir. Ce jour-là, une déchirure se produit, qui poussera Jo' à partir en voyage jusqu'au bout du monde, accompagné d'un petit fantôme. Il part sur les traces d'une femme mystérieuse.

 

Mon avis: 

 

Avant tout, je remercie les Editions Mazarine pour ce roman. J'ai découvert Baptiste Beaulieu avec Alors vous ne serez plus jamais triste, une pépite littéraire que je vous conseille vivement. Aussi, lire ce nouveau roman me faisait énormément envie, mais étant enceinte lors de sa réception, j'ai un peu repoussé sa lecture car je trouvais le sujet trop triste... Que voulez-vous, enceinte, on doit être davantage sensible pour certains sujets. Quoi qu'il en soit, c'est aujourd'hui un roman lu et apprécié même s'il n'égale pas Alors vous ne serez plus jamais triste, selon moi. 

 

Baptiste Beaulieu articule son récit autour d'un évènement: La Déchirure. Il y a l'avant et l'après. L'avant qui est écrit à la troisième personne du pluriel, une façon de ne pas trop nous inclure dans l'histoire, et l'après qui est narré selon le point de vue de Jo' et pour le coup, c'est pour nous permettre de mieux comprendre le personnage et ce qu'il vit. Les chapitres s'alternent avec ce compte à rebours qui doit nous permettre d'aboutir à cette fameuse déchirure, cet instant qui va bouleverser la vie de l'étudiant en médecine. Et une révélation qui arrive dans les toutes dernières pages. Evidemment ! 

 

Encore une fois, la plume poétique de Baptiste Beaulieu charme et emporte le lecteur. Il parvient avec brio a mettre un peu d'humour dans un récit supposé sombre, voire glauque. Il ne tombe pas dans le pathos et ce malgré la présence du petit fantôme. Car oui, on le comprend dès le départ.

 

"- Tu aurais dû lui faire un 96..."

"- Un 96?" ont demandé en chœur l'infirmière et Manon. Taffe de cigarette. Moi, avec un clin d’œil: "C'est comme un 69, mais on boude."

 

Cependant, si j'ai aimé la partie de l'avant Déchirure, j'ai eu du mal à plonger dans l'après. Je n'ai pas réussi à comprendre où voulait en venir Jo' et pourquoi il s'égarait autant en voyageant. On sait pourquoi il entreprend ce voyage, on comprend en substance qu'il veut aussi faire son travail de deuil, mais j'ai eu le sentiment qu'il se cherchait davantage lui-même. Certainement si l'on observe la débâcle de sa vie personnelle, professionnelle et sentimentale La Déchirure, c'est le tournant qu'attendait peut-être Jo', l’évènement qui lui permet d'ouvrir les yeux. 

 

Basé sur des faits réels, on ne sait pas trop séparer le vrai du faux. Toutefois, je peux imaginer que la relation qui unit Jo' à No' fut réelle, il me semble même impossible de ne pas s'attacher à un patient, surtout un patient comme Noah; les interrogations de Jo' par rapport à l'absence de la mère de No', plausibles aussi; c'est la suite qui, je pense, est un brin romancée. Perdre un patient est délicat mais partir à la recherche d'une mère à la suite de cette perte me semble peu crédible dans la vraie vie. 

 

Un roman qui touche par sa sincérité, par son thème, par son sujet, un roman qui ne laissera pas de marbre le lecteur. On peut constater que Baptiste Beaulieu est un médecin au cœur d'or. 

 

Note: 15/20

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