Guillaume Musso - La fille de Brooklyn

Je me souviens très bien de cet instant. Nous étions face à la mer. 

L’horizon scintillait. C’est là qu’Anna m’a demandé : «Si j’avais commis le pire, m’aimerais-tu malgré tout ?» 

Vous auriez répondu quoi, vous ? 

Anna était la femme de ma vie. Nous devions nous marier dans trois semaines. Bien sûr que je l’aimerais quoi qu’elle ait pu faire. 

Du moins, c’est ce que je croyais, mais elle a fouillé dans son sac d’une main fébrile, et m’a tendu une photo. 

– C’est moi qui ai fait ça. 

Abasourdi, j’ai contemplé son secret et j’ai su que nos vies venaient de basculer pour toujours. 

Sous le choc, je me suis levé et je suis parti sans un mot. 

Lorsque je suis revenu, il était trop tard : Anna avait disparu. 

Et depuis, je la cherche.

 

Mon avis: 

 

Depuis que j’ai découvert Guillaume Musso, il est certain que chacun de ses romans ornera ma PAL, pour peu de temps en général. La fille de Brooklyn n’a pas fait exception à la règle.

 

Comme à chaque fois, le résumé est très bien construit : une ou deux phrases d’accroche, et une montée d’adrénaline en quelques mots, suffisamment pour nous donner envie de lire le roman dans son intégralité. Et en cela, je dois admettre que les Editions XO sont professionnelles car je lis peu de résumés qui donnent autant envie :-)

 

Ce dernier roman met en scène un homme – Raphaël – qui, suite à une dispute avec sa fiancée, va découvrir de grands secrets sur celle qu’il pensait connaître. Aidé de son voisin – ancien flic – il va sillonner Paris et sa banlieue, l’Est de la France mais aussi NY. Les deux comparses vont faire de terribles découvertes et mettre à jour des secrets enfouis très profondément.

 

Musso ne perd pas de temps et nous plonge de suite dans l’histoire car la dispute entre les deux amoureux éclate dès les premières pages. Une belle façon de titiller le lecteur qui ne connait pas histoire des deux personnages mais voit la brutalité et l’excès dont ils sont capables. Cette immersion rapide m’a séduite, ça change des mises en place qui traînent. Cependant, si la dispute met en route la machine, j’ai trouvé que tout allait trop bien par la suite. A mes yeux, Raphaël et Marc (le voisin flic) arrivent un peu trop vite à trouver des indices. Certes ils pataugent un peu, mais pas suffisamment pour rendre crédible l’histoire d’Anna. Ce point mis à part, la trame est d’emblée passionnante car on comprend qu’Anna cache un terrible secret.

 

Musso possède ce talent de parfaitement décrire les lieux, un talent plus qu’appréciable. Personnellement, j’avais plaisir à lire des passages se déroulant dans des rues que je situe, que je connais. C’est un petit changement par rapport à beaucoup de romans précédents : une bonne partie de histoire se déroule à Paris. Mais comme c’est Musso, un périple par les Etats-Unis est inévitable ;-) Sincèrement, le fait de se concentrer sur la France (Paris, Antibes et Nancy) donne un aspect plus proche, plus intime. Les lieux ne sont pas les seuls à être complets, les personnages sont assez riches en descriptions et sont faciles à visualiser. La nouveauté avec La fille de Brooklyn c’est le duo 100% masculin : Raphaël et Marc. La complicité, mais aussi la confiance, entre eux deux étaient très appréciables, crédibles, touchantes. Toutefois, je n’ai pas compris l’intérêt de l’enfant si ce n’est de faire évoluer le personnage principal vers la maturité ? Honnêtement, Théo m’a semblé superflu sur tout le roman. En fait, il m’a davantage donné l’impression de déranger son père qu’autre chose et pour se laisser du temps de libre, il colle son fils devant un dessin-animé ou paie une nounou pour lui permettre de vadrouiller. Non, clairement, l’enfant n’est pas une bonne idée. Et le voisin flic, quel heureux hasard !! Ce voisin aurait pu être gardien de musée, apprenti détective, mais flic, c’était juste trop beau !

 

Le temps, qui est l’une des notions des romans de Musso, joue aussi un rôle dans celui-ci mais d’une façon différente : pas de faille temporelle, pas de retours dans le passé, seulement une course contre la montre. Et c’est là que le bât blesse car cette course contre la montre se concentre sur trois petites journées, trois journées qui suffisent à nos deux hommes pour quitter Paris direction NY et pour percer le secret d’Anna, mettre à jour une ou deux autres affaires, … Manque de crédibilité totale. Dommage. Une intrigue très dense – nous partons d’un secret puis remontons le fil pour découvrir d’autres secrets – , tellement dense que c’en est déroutant. A mes yeux, Musso aurait dû se concentrer sur une affaire, deux peut-être, mais pas quatre. Ce n’est pas qu’on en perd le fil, mais presque. Ceci dit, peut-être que l’auteur a voulu perdre ses lecteurs et jouer ainsi du rebondissement final qui est… trop vite expédié. Je m’attendais à autre chose. Cependant, j’ai beaucoup aimé la lettre de la fin.

 

"(…) je me rends compte aujourd’hui combien la mémoire de ces voyages m’aide à m’évader de ma prison."

 

Je m’attendais à autre chose pour la fin, mais cette constatation s’applique à tout le roman. Ceux qui aiment Musso apprécieront de retrouver sa plume, sa fluidité, sa précision, mais l’histoire part trop dans tous les sens et se concentre sur un si court laps de temps que la lectrice que je suis en est restée sans voix après avoir lu le dernier mot. Finalement, dans certains autres romans de l’auteur qui faisait la part belle au fantastique, la crédibilité de l’histoire était presque plausible car il nous donnait envie d’y croire. Ici, point de magie, mais une précipitation qui gâche un peu l’ensemble et pour le coup, ne nous donne pas envie d’y croire.

 

Un bon roman malgré tout mais loin d’être aussi addictif que les critiques le laissent croire.

 

Note : 15/20

 Déception…

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