Isabelle Aeschlimann - Un été de trop

Gagnant d'un concours, Markus doit quitter femme et enfants pour aller travailler quelques mois à Berlin.

Emilie, 25 ans, troque sa vie suisse bien rangée contre un défi professionnel dans la capitale allemande.

Entre les réminiscences d'un passé commun, qu'ils croyaient définitivement enterré, et la tentation piquante de la découverte, ils se laissent tous deux emporter par l'univers trépidant de la grande ville. Mais la liberté a un prix, et bientôt viendra le moment de faire un choix...

 

Mon avis:

 

C’est avec plaisir, beaucoup de plaisir, que je me suis plongée dans Un été de trop dans la mesure où dès la première page, j’ai été captivée : le journal intime d’une jeune fille de 17 ans. S’ensuit une scène courte mais chargée d’émotions qui m’a convaincue de la force de ce roman. Lola est embauchée comme jeune fille au pair par une famille allemande. Trois mois pendant lesquels elle va partager leur quotidien mais aussi des sentiments avec le père. Des regards, des frôlements, … Rien de plus. Toutefois, au moment de son départ, elle est anéantie et opte pour une nouvelle vie : elle troque son deuxième prénom - qu’elle trouvait plus original - contre son premier, Emilie. Huit ans plus tard, Markus et Emilie vont se retrouver, à la fois surpris et heureux. Mais aussi un peu ébranlés par ces sentiments qu’ils pensaient éteints. Loin de là, la femme de Markus voit son mariage dépérir…

 

Lorsque l’on commence Un été de trop, on ne se doute pas qu’il sera lu rapidement tant il est bien écrit : une histoire passionnante et un suspense qui sait nous tenir en haleine. C’est bien simple : nous lecteurs savons que Markus et Emilie travaillent au sein de la même entreprise, mais jamais ils ne se voient. Ils passent l’un à côté de l’autre à plusieurs reprises, ce qui est un peu exaspérant ! Ils ne s’aperçoivent qu’une fois, à l’aéroport, mais était-ce un mirage ?! Pour ma part, j’aurais bien aimé qu’ils s’aperçoivent une ou deux fois de plus histoire de torturer davantage notre protagoniste.

 

Les personnages justement. Markus est un homme plutôt faible. Il trompe sa femme sans que le moindre remords ne pointe le bout de son nez. D’accord son mariage n’est plus ce qu’il était mais plutôt que de l’admettre, il se complaît dans une situation qui n’a plus rien de plaisant. Toutefois, il devient un homme passionné dès qu’il retrouve celle qu’il aime. Ce qui confirme mon idée, à savoir qu’il n’aimait plus sa femme ; il lui a fallu un élément déclencheur pour s’en rendre compte et l’admettre (quoi que huit ans avant, il a fauté !). Emilie est une jeune femme volontaire, courageuse, dynamique et désireuse de prendre la vie à bras ouvert. Elle reste cependant sur un regret : ce qui s’est passé huit ans plus tôt ; et de ce fait, elle idéalise un peu l’amour. Nous avons aussi Francesca, l’Italienne à la limite de la caricature, qui se la joue séductrice, vamp, manipulatrice et dont la vendetta est l’un des moteurs. Andrea, la femme de Markus, est finalement le seul personnage que j’ai eu des difficultés à cerner. Elle voit son mari qui dérive et au lieu de se battre, elle le pousse dans les bras d’Emilie. Pour le coup, j’aurais bien aimé des grosses disputes, des ultimatums, des menaces, … J’avoue ne pas avoir compris au début ! La réponse apparaît à la fin et permet au lecteur de comprendre son attitude.

 

Un point sur les lieux cités : de l’Allemagne, je ne connais que Munich, une ville que j’aie habitée et adorée !! Berlin, tout aussi riche historiquement et culturellement, donne vraiment envie si l’on se fie à ce que l’auteur nous en dit !

 

Un roman crédible, plus proche de la réalité que beaucoup de sa catégorie. Un roman qui mêle l’histoire de Markus et d’Emilie avec celle d’Andrea. Un roman qui se lit bien de par son écriture à la fois simple et recherchée, fluide et sophistiquée. Un roman qui, certes, aurait pu contenir davantage de rebondissements dramatiques, mais qui se concentre sur un seul point : y a-t-il un âge pour aimer, aimer sincèrement ? Markus et Emilie se sont rencontrés à respectivement 32 et 17 ans ; en huit ans, on change, aussi bien physiquement que mentalement, ce qui revient à s’interroger sur ce qu’ils ont ressenti à l’époque : béguin ou non ?! Un roman sentimental pour toutes celles - et ceux ! - qui aiment les belles histoires d’amour !

 

Un grand merci aux Éditions Plaisir de Lire pour cette découverte qui fut un moment de bonheur !

 

Note: 15/20

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